Six questions à Corinne Jourdain-Gros

À l'occasion de notre collaboration avec la Manufacture de Digoin dans le cadre de la Série Noire France (Profonde), nous avons posé 6 questions à Corinne Jourdain-Gros.


Corinne a réussi le pari de relancer cette Manufacture créée il y a plus de 140 ans. En 2014, elle révèle une nouvelle collection inspirée des modèles traditionnels qui signe le renouveau de la Manufacture de Digoin. Chacune des pièces aux finitions à chaque fois différentes est une ode à la gastronomie française populaire.

1/ Qu'est ce qui vous fait courir ainsi ?

La passion, l’audace et la magie de la céramique ! Cette manufacture, c’est une histoire de vie, une histoire de cœur pour son grès légendaire et la beauté du geste : cette main de l’homme façonnant des contenants comme des pots de moutarde, des vinaigriers et des saloirs… pour conserver les aliments. Ma grand-mère Marthe avait une épicerie-droguerie-confiserie juste en face de l’école communale. J’ai été bercée par tous ces objets du quotidien qu’elle vendait dans un joyeux bazar ! J’ai envie qu’ils s’inscrivent dans le temps pour la transmission aux générations futures.


2/ Pourquoi un tel projet ?

Au-delà de la renaissance d’une belle endormie pleine de ressources et riche d’un patrimoine de 140 ans, c’est avant tout la préservation d’un savoir-faire ancestral lié à une région, appelée « vallée de la céramique ». C’est aussi encourager de jeunes designers à apporter un regard nouveau sur ces objets d’usage tout en respectant leur esthétique. Et puis, c’est surtout une formidable aventure humaine avec nos artisans et nos clients comme La Trésorerie, qui partage nos valeurs, notre amour des objets utilitaires simples, élégants.


3/ Votre dernier objet insolite découvert ?

Lors d’un voyage au Maroc, j’ai chiné dans un bazar droguerie un moule à gâteau en bois et des emportes pièces en fer-blanc. 


4/ Le lieu qui vous inspire ?

L’île de Paros en Grèce pour sa simplicité, sa gastronomie et sa poterie. Les couleurs franches et minérales des villages et des demeures de style vénitien, l’atmosphère des monastères où flotte le parfum de la myrrhe, les herbes sauvages et la couleur unique du ciel, de la mer sont des sources d’inspiration inépuisables.


5/ Qu'aimeriez-vous avoir que vous n'avez pas encore ?

Je rêve d’avoir le tabouret Butterfly de Sori Yanagi (1954) dont le père avait fondé le mouvement Mingei, pour promouvoir et préserver l’artisanat japonais traditionnel, les objets usuels de tous les jours. Sa simplicité et son élégance matérialisent sa rencontre avec Charlotte Perriand, une alliance entre l’Orient et l’Occident.


6/ Votre envie pour les années à venir ?

Mon plus grand bonheur et ma plus grande fierté, ce serait que la manufacture devienne un lieu de rencontre et découverte artistique, un laboratoire de recherche créatif autour du grès avec une résidence d’artiste, l’ouverture au tourisme industriel à la découverte de nos ateliers et pourquoi pas un bistrot dans l’ancienne forge !

La petite sélection de Corinne Jourdain-Gros

Le pilon écrase purée, pour la saveur des pommes de terre et l’onctuosité des purées d’autrefois. Un vrai retour en enfance ! Le torchon piano curry, un linge d’office à détourner en set de table ou à assembler pour créer un chemin de table. Balayette du Portugal, parfait pour joindre l’utile à l’agréable et pour compléter ma collection de balais, balayettes du monde entier ! Sac Le Facteur La suspension Brügger Zylinder noir, pour le futur bistrot de la Manufacture prévu dans l’ancienne forge. Son design industriel sera en harmonie avec ce lieu atypique. Le lit de camp OGK